28 juin 2008
Balbutiements

Image: B. Philippe
Conserve en ton coeur, sans rien craindre
dusses-tu pleurer et souffrir
la flamme qui ne peut s'éteindre
et la fleur qui ne peut mourir
Victor Hugo
Beyond me, Wolf's rain
14 juin 2008
Caresses des yeux

Image: R. Paray
Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'âme aux limites de l'être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.
Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?
Auguste ANGELLIER (1848-1911)
24 mai 2008
La Rose de la prairie

Photo: netblog.com
La Rose de la prairie
Il y a bien, bien longtemps, quand le monde était jeune et que les gens n'avaient pas encore émergé, aucune fleur n'égayait la prairie. Seuls y poussaient des herbes et de ternes buissons gris-vert. Terre était bien triste, car sa robe manquait de couleur et de beauté.
« J'ai tant de belles fleurs dans le cœur, se disait alors la Terre. Comme j'aimerais qu'elles soient sur ma robe. Des fleurs bleues comme le ciel clair des beaux jours, des fleurs blanches comme la neige de l'hiver, des fleur d'un jaune éclatant comme le soleil de midi, des fleurs roses comme une aube de printemps, toutes, je les porte dans mon cœur. Je suis si triste quand je regarde ma robe terne, toutes de gris et de bruns.
Une tendre petite fleur rose entendit la plainte de Terre. « ne soit pas triste, Terre-Mère », je vais aller pousser sur ta robe et la rendre plus belle. »
Alors, la petite fleur rose monta du cœur de la Terre-Mère pour égayer la prairie. Mais lorsque le Démon du Vent l'aperçut, il se mit à gronder : « je ne veux pas de cette jolie petite fleur sur mon terrain de jeu. »
Hurlant et rugissant, il se précipita sur elle et souffla la flamme de sa vie. Mais l'esprit de la fleur revint au cœur de la Terre-Mère.
Quand d'autres fleurs courageuses sortirent à leur tour, le démon du Vent les tua l'une après l'autre. Et leur esprit revint au cœur de la Terre-Mère.
A la fin, Rose-de-Prairie proposa d'y aller. « Bien sur, ma douce enfant, lui dit Mère-Terre. Je te laisserai partir. Tu es si jolie et ton souffle si parfumé que le Démon du Vent en sera charmé. Il te laissera sûrement rester dans la prairie.
Rose-de-Prairie fit donc le long voyage à travers le sol sombre et sortit dans la prairie terne. Tandis qu'elle cheminait, Terre-Mère se disait en son cœur « Comme j'aimerais que le Démon du Vent la laisse vivre ! »
Lorsque Démon du Vent l'aperçut, il se rua vers elle en hurlant : « Elle est jolie, mais je ne veux pas d'elle sur mon terrain de jeu. Je vais souffler la flamme de sa vie. » Et il s'élança, grondant et soufflant en violentes bourrasques. Mais en s'approchant, il sentit le parfum de Rose-de-Prairie.
« Comme il est doux, se dit-il alors. Je n'ai pas le cœur d'ôter la vie à une si jolie jeune personne au souffle si parfumé. Il faut qu'elle reste ici, avec moi. Il faut que j'adoucisse ma voix, que je lui chante de douces chansons. Il ne faut pas que je l'effraie avec mon terrible vacarme ».
Et le démon du Vent changea. Il se fit paisible. Il envoya de douces brises sur les herbes de la prairie. Il susurra et fredonna de petits chants de joie. Il avait cessé d'être un démon.
Alors, les autres fleurs montèrent du cœur de la Terre-Mère à travers le sol sombre. Elles firent de sa robe de prairie une parure gaie aux couleurs vives. Même le Vent en vint à aimer les fleurs qui poussaient parmi les herbes de la prairie. C'est ainsi que la robe de Terre-Mère devint belle, grâce à Rose-de-Prairie, à sa beauté, son parfum et son courage.
Il arrive parfois que le Vent oublie ses doux chants, qu'il gronde et fasse du tapage. Mais ce bruit ne dure jamais longtemps. Et il ne fait jamais de mal aux personnes qui portent des robes couleur de la Rose-de-Prairie.
Histoire des Sioux Lakota

22 avril 2008
Terre-Mère

Photo: Louis Poulin
22 avril 2008. Jour de la Terre.
La légende de la Terre-Mère
Au commencement, la terre n'existait pas. Le monde était une île qui flottait au-delà du ciel dans l'océan des premiers âges. Une jeune femme de la nation huronne-wendat, nommée Aataensic, partit à la recherche de plantes médicinales.
Elle trébucha sur la racine d'un arbre qui s'abattit et qui l'entraina dans sa chute dans un trou du ciel. Pour la sauver de la noyade, les animaux se précipitèrent. Émues par sa beauté, les grandes oies prirent leur envol et amortirent sa chute et la déposèrent sur le dos de la tortue puisqu'il fallait lui trouver un endroit confortable où elle pourrait vivre.
Les animaux tinrent conseil et ils décidèrent de créer pour elle une grande terre. Avec beaucoup de difficulté, ils recueillirent un peu de boue qui était collée aux racines de l'arbre.
La Grande Tortue offrit de porter cette terre sur son dos. Aussi les animaux se mirent-ils à étendre la boue sur la carapace de la Grande Tortue et cette terre grandit jusqu'à devenir une grande île, puis un continent, et puis la terre que nous connaissons.
C'est ainsi que la nation huronne-wendat, l'une des premières nations du Québec, raconte la légende de la création de la terre.
texte : Mosaïcultures 2003, Vieux-Port de Montréal, été 2003
fun fou.com

La terre n'appartient pas à l'homme
C'est l'homme qui appartient à la terre
La terre est donc notre mère à tous.
SEATTLE, chef des Indiens Dwamish, en 1854, au Président des USA

01 avril 2008
L'essentiel

Image: Carton the world Photo
À mon père et ma mère, à leur amour éternel...
Ginette Reno, une de nos plus grandes chanteuses, ici au Québec. "L'essentiel": Une chanson que j'ai toujours aimée et que je voudrais aussi dédier à tous ceux et celles qui n'ont jamais eu la chance de connaître un amour solide et durable et qui ne réussissent à vivre que des aventures éphémères. Je leur souhaite de rencontrer un jour cette sorte d'Amour, celui qui reste fort durant des années, voire toute la vie.
Parce que j'ai vu le 65° anniversaire de mariage de mes parents, avant qu'ils ne partent, presque ensemble, pour le Grand Voyage; parce que j'ai vécu mon enfance au milieu de cet Amour-là, oui, je sais qu'il existe. L'amour vrai existe bel et bien. Comme j'aurais aimé le trouver, moi aussi... Peut-être un jour. Qui sait?
L'essentiel, c'est d'être aimé. Le reste importe peu... Que rajouter de plus?
Cliquez sur le titre ci-haut pour entendre la chanson
Paroles: Charles-Aznavour. Musique: Michel Jourdan
Interprète: Ginette Reno
L'essentiel
C'est d'être aimée
Le reste importe peu, la seule vérité
C'est compter pour quelqu'un
Quoiqu'il puisse arriver
C'est entrer dans son cœur et n'en sortir jamais
C'est recevoir autant qu'on aimerait donner
Ne plus s'appartenir, en être rassurée
C'est voir la joie de l'autre et fondre de bonheur
Mériter sa confiance et devenir meilleure
L'essentiel
C'est d'être aimée
Contrairement à tout ce qu'on peut raconter
Ce n'est pas la fortune ou la célébrité
Qui ne sont que du vent et ne font que passer
Je crois que l'important est fait de petits riens
Être attendue le soir et courir en chemin
Un des plus beaux cadeaux
Que nous ait fait la vie
C'est quand notre prénom
A l'air d'un mot gentil
L'essentiel
Jour à près jour
C'est le rire aux éclats d'un enfant qui accourt
Et qui nous saute au cœur en guise de bonjour
Que demander de plus
Quand ces bras nous entourent
Le reste importe peu, la seule vérité
C'est compter pour quelqu'un
Quoi qu'il puisse arriver
Être un jour exilée en pays étranger
Et avoir dans son cœur, quelqu'un à qui parler
C'est inspirer à l'autre un sentiment si fort
Qu'il pourrait nous survivre au-delà de la mort
C'est d'être aimée encore et toujours,
Mon amour...


